31Juil
Par: ProfEurythmie On: juillet 31, 2017 Dans: Actualités Commentaires: 0

J’ai découvert l’Eurythmie en 2014 au Foyer Michaël : le début d’une grande histoire d’amour, pleine de rebondissements ! J’ai ensuite fais l’année d’approfondissement en Eurythmie proposée par Maria Weulersse et le Foyer Michaël. Puis, après de longues hésitations, je me suis engagée dans l’aventure d’une formation complète d’Eurythmie à Intervalles.

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Photographe: Jean-Louis Rabeux

Photographe: Jean-Louis Rabeux

Cela faisait des années que je rêvais, intérieurement, de développer quelque chose avec le mouvement sans oser me lancer dans la danse. Avec l’Eurythmie, j’ai trouvé une pratique qui m’emplit tout à fait :

Développer cette pleine conscience de son corps, en liant chaque ressenti et en l’exprimant par un geste. « Habiter » son mouvement du bout des doigts à la pointe des pieds. Chercher même à laisser cette impulsion partir de son cœur pour s’écouler par ses membres vers l’extérieur : ressentir ainsi un peu plus loin que son corps physique, développer la conscience de cette fameuse « périphérie » qui nous enveloppe. Ou, au contraire, ressentir l’espace autour et l’accueillir en moi.

Explorer ces différents espaces, avant – arrière – droite – gauche – haut – bas, y inscrire son mouvement et ainsi faire diverses expériences du monde qui m’entoure.

Apprendre à bouger avec les autres, en ressentant les qualités de mouvement de chacun, tout en cherchant à harmoniser nos forces pour créer quelque chose, ensembles : comme un vol d’étourneaux ou un ban de poissons.

Rechercher l’essence de chaque son, chaque sentiment, chaque rythme, note, couleur, forme géométrique. Comment cela résonne en moi ? Qu’est-ce que j’exprime quand je marche en droite, ou en courbe ? Comment puis-je utiliser ces éléments si variés pour « rendre visible » ce qui vit dans un texte ou une musique ?

J’apprends jour après jour à aimer ces questions. Je découvre comment l’on peut appliquer ses éléments en Eurythmie artistique, pédagogique ou curative.

Mais aussi découvrir comment chaque étape me transforme graduellement, en profondeur :

La sensibilité que je développe aux sons et au langage me rend plus attentive à ma façon de communiquer avec mon entourage et à la façon dont les autres s’expriment : quels mots, quelles intonations ?

Photographe: Jean-Louis Rabeux

Photographe: Jean-Louis Rabeux

L’écoute et la prise de conscience de mon corps me permet de mieux ressentir les nœuds, tensions, blocages, déséquilibres qui l’habitent – souvent révélateurs de mes troubles émotionnels – et de pouvoir travailler à leur rééquilibrage avec des exercices adaptés.

La découverte du langage musical aussi – moi qui n’avais jamais appris à jouer d’un instrument ni fait de solfège – est une aventure passionnante !… qui m’a d’ailleurs menée à commencer l’apprentissage du piano.

Observer comment chacun bouge, et comment cela révèle une autre partie de l’être.

Car oui, décidément, pour moi le langage proposé par l’Eurythmie est infiniment plus riche et complet que le langage parlé :

on ne parle pas avec ses seuls organes phonatoires, mais avec tout son corps, toute son âme, tout son être.

De nos jours, nous sommes souvent crispés, pleins de soucis et de préoccupations, de maux et de maladies ou mal-êtres. L’Eurythmie est pour moi un moyen d’apprendre à mieux cheminer avec ces difficultés, de trouver un nouveau souffle. De m’efforcer, chaque jour, de devenir un peu plus humaine.

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Je suis heureuse d’avoir choisi Intervalles comme formation :

Pour la ville d’Arles tout d’abord, son côté village typique et chaleureux et sa diversité culturelle ; et la région de la Camargue, entre Méditerranée et Alpilles, baignée de vent, de soleil éclatant, de vagues, de sable et de rocs, de pins et de chênes verts, de lézards, grillons, escargots, chevaux, moutons, vaches et oiseaux en tous genres…

La richesse de ce collège de professeurs ensuite : chacun a des compétences et des tempéraments bien différents qui se complémentent, nous permettant ainsi d’avoir une formation variée. Cela est vrai aussi du fait de leurs origines (France, Allemagne, Venezuela) ce qui nous permet d’aborder l’Eurythmie à travers différentes langues ! De nouveaux sons, des façons autres d’aborder la vie. Je me régale à découvrir l’Allemand ! Une formation bilingue comporte des difficultés de traduction, mais ce sont ces difficultés même qui sont sa richesse.

Le projet d’une formation liée dès le début à une école aussi, pour avoir un lien fort et concret au rôle de pédagogue. Nous avons eu la chance cette année que la formation soit hébergée dans l’école du Domaine du Possible, de pouvoir participer chaque jour à la chorale avec les enfants et professeurs, de partager pour certains les moments des récréations et des repas, mais surtout d’être assistant dans les ateliers pédagogiques (jardin, cheval, couture, bois, cuisine, faune&flore, théâtre). Sachant que les possibilités d’emplois entant qu’eurythmiste sont essentiellement des postes de professeur, cette cohabitation avait tout son sens. Notre formation déménageant, il va maintenant nous falloir trouver une autre formule, mais j’espère de tout cœur que nous continuerons à développer l’aspect pédagogique.

Le groupe finalement : nous sommes de tous horizons (Japon, Brésil, Taïwan, Tchéquie, Allemagne, Guatemala, France, Belgique, Suisse), de tous âges, de tous genres. Un groupe bien vivant, avec ses hauts et ses bas, ses forces et ses faiblesses, formé de personnalités avec lesquelles je suis heureuse de cheminer. Certains partent, d’autres arrivent : l’aventure se métamorphose !

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En ce qui concerne mes motivations professionnelles, c’est par le biais de la pédagogie et l’intérêt pour l’éducation que je suis arrivée à l’Eurythmie et j’espère un jour devenir pédagogue.

De même, j’adore créer et imaginer des interprétations de textes et musiques, puis offrir ce travail à un public : bien que la vie d’artiste ne soit pas facile, j’aurais à cœur de trouver, ou former, une troupe avec laquelle monter des spectacles.

Enfin, je suis persuadée que l’Eurythmie peut faire beaucoup de bien à beaucoup de monde dans beaucoup de situations : il y a sûrement donc beaucoup de choses à inventer sous forme de stages, ateliers ou projets d’Eurythmie sociale ; que ce soit pour des enfants en difficulté scolaire, des jeunes en rupture sociale, des personnes handicapées, des adultes en recherche de bien-être, des équipes en quête d’une meilleure communication au sein du groupe, etc.

L’avenir est plein de possibilités ! Il suffit sans doute d’avoir le courage de les dé-couvrir.

Photographe: Catherine Serve

Photographe: Catherine Serve

Chloé Van Limburg, 26 ans, Française

juillet 2017

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